LES ALIZÉS, LE SOUFFLE DE L’ATLANTIQUE DE LA TRANSAT RALLYE DES ILES DU SOLEIL...
Sur la route des Antilles, les alizés de nord-est sont les grands compagnons des navigateurs et ce, depuis des siècles. Mais qui sont-ils vraiment ? A J-1 du grand départ des Canaries, rapide éclairage sur ce souffle salvateur qui va pousser nos 21 bateaux vers Mindelo puis vers Marie-Galante...
Réguliers, puissants et parfois capricieux, les alizés accompagnent les voiliers dans leur longue glissade vers l’ouest, dessinant l’une des routes maritimes les plus mythiques de la planète. Pour les équipages engagés dans une transatlantique comme nos voiliers du Rallye des Iles du Soleil, ils sont à la fois une promesse de progression, un allié précieux et une invitation à renouer avec le rythme de l’océan.
Les alizés trouvent leur origine dans la circulation générale de l’atmosphère. Dans les régions subtropicales, les hautes pressions poussent l’air vers les basses pressions équatoriales. Sous l’effet de la rotation de la Terre, ces vents prennent une composante dominante de nord-est dans l’hémisphère Nord et de sud-est dans l’hémisphère Sud. Sur notre Atlantique Nord, ils soufflent ainsi vers l’ouest, offrant aux navigateurs une navigation au portant, vers les Caraïbes.
Après avoir quitté les Canaries, puis fait escale au Cap-Vert, les voiliers entrent progressivement dans le domaine de ces célèbres alizés qui se trouvent ici plus réguliers. La route vers les Antilles s’ouvre alors devant eux. Les voiles se gonflent, le bateau trouve son allure et la progression devient souvent plus régulière. Au portant ou au grand largue selon les voiles d’avant embarquées, la route choisie et les conditions rencontrées, les équipages apprennent à composer avec le vent, la houle et les mouvements du bateau.
Les journées prennent une autre dimension. Le soleil se lève sur une mer immense, les embruns viennent rafraîchir le pont et les voiles sont gonflées par ce vent venant de l’arrière. À bord, chacun trouve peu à peu son rythme : les quarts se succèdent, les repas s'organisent, les manœuvres deviennent familières. La vie se concentre sur l’essentiel, au plus près des éléments, tout en veillant toujours à la sécurité des uns et des autres. On n’oublie jamais de porter son gilet de sauvetage et même de s’attacher au bateau, d’autant plus pendant les quarts de nuit où l’on se trouve en équipage réduit sur le pont. Mais attention aux mouvements du bateau qui peut rouler d’avant en arrière et de bâbord sur tribord…
Mais, il faut savoir que les alizés ne sont pas un vent uniforme, ni une garantie de navigation facile. Les alizés peuvent être un sacré trompe-l’œil. Leur intensité évolue en fonction des systèmes météorologiques et de la position des hautes pressions subtropicales. Ils peuvent se renforcer, faiblir ou laisser place à des zones de calme. Des grains tropicaux peuvent également surgir, accompagnés de rafales, de fortes précipitations et de variations brutales du vent. La houle, souvent installée, impose elle aussi ses contraintes. Lire le ciel, observer l’évolution de la mer et suivre les bulletins météorologiques restent indispensables pour choisir la bonne allure et adapter la voilure.
C’est aussi ce qui fait la richesse d’une traversée sous les alizés : rien n’est jamais totalement acquis. Le navigateur doit savoir anticiper, ajuster ses réglages et accepter que l’océan dicte parfois son propre tempo. Une voile réduite au bon moment et juste avant un grain, une route légèrement modifiée pour éviter une zone de calmes ou une manœuvre préparée avec soin peuvent faire toute la différence. La performance ne consiste pas seulement à aller vite, mais à progresser avec discernement, sur la route la plus directe possible et en préservant le bateau et l’équipage.
Pour les équipages du Rallye des Îles du Soleil, les alizés de nord-est incarnent ainsi l’esprit même de la transatlantique : un voyage où la technique se mêle à la patience, où l’expérience se construit au fil des jours et où chacun apprend à faire confiance au vent sans jamais cesser de le respecter.
Et lorsque les alizés s’installent, réguliers et généreux, ils offrent aux navigateurs l’un des plus beaux privilèges qui soient : celui de se laisser porter par le souffle de l’Atlantique, cap à l’ouest, vers les îles et la promesse d’un autre horizon. C’est la promesse du Rallye des Iles du Soleil !
Pierrick G. / GPO
Photos : GPO / Rallye des Iles du Soleil 2025.





Commentaires